fin

Les cachets, le whisky, l'herbe. M'allonger. Je sais ce que je fais. Ne penser qu'à la méthode. Ne penser qu'aux gestes. Ne penser qu'à moi, ici, dans ce salon, à la bouteille, aux cachets. Juste moi. Le bouchon. Le tube. Ouvrir la bouche, poser les cachets sur ma langue, porter la bouteille à mes lèvres. Avaler. Penser à la méthode. Rien d'autre. Pas à papa, pas à maman. Surtout pas. A mon humiliation. Toute seule, ici. Moi et mon humiliation. Je sais ce que je fais. Papa et maman comprendront. Peut-être. Je me fous qu'ils comprennent ! Non... Ne pas y penser. Ne penser à personne.
Aujourd'hui, c'est moi qui décide ! Je ne veux plus de cette vie. Elle est une torture, une insulte. C'est moi qui décide. Et je décide de la rejeter. Je suis maître de la situation !
Et si le courage me manque, si je suis tenté de me lever, de tout arrêter, je penserai à lui. A lui qui m'a repoussé. Pas aux autres, ceux qui m'aiment, mais à lui qui ne m'aime pas, ne veut pas m'aimer. Ne veut même pas essayer. Son sourire ! Il est devenu une douleur. Non, tout en lui m'a perdu, m'a entraîné dans cet abîme. L'abîme de la mort contre le vide de ma vie. Quelle différence ?
Dieu, que la tête me tourne. Dieu... Pourquoi m'adresser à toi ? Es-tu là ? As-tu déjà été là ? As-tu entendu mes prières ? Allez, Dieu, réglons nos comptes ! Comment un Dieu de miséricorde a-t-il pu concevoir une telle créature si près de moi et me le refuser ? Dans quel but ? Ma souffrance ? Tu as gagné ! Je souffre. Au point de ne plus vouloir de la vie. Alors, fier de toi ? Je te rends mon avenir. Donne-le à une autre. Tu ne me montres que le gouffre, alors je m'y dirige.
Je n'ai pas peur.
Ne penser qu'à la méthode. Le cône de papier fume encore. M'étourdir un peu plus. Voilà, mon esprit flotte, bercé par la fumée et l'alcool. Bientôt les cachets. C'est la méthode. Je transpire. Pas de peur.

Encore quelques secondes.
Penser à lui.

J'avais décidé de tout lui dire. Aujourd'hui, pour me libérer de mes doutes. Savoir, enfin. J'avais préparé... Mais avais-je besoin de préparer ? J'étais plein de mes mots pour lui. Mais il ne m'a pas écouté, n'a pas voulu comprendre. Je lui ai parlé de notre amitié. Le début de l'histoire.
- Mais c'est terminé, Sabrina ! a-t-il répondu en souriant.

# Posté le mardi 07 avril 2009 17:32

Dis moi...

Dis moi...
Dis moi pourquoi

Dis moi pourquoi sous tes silences
Je vois la peur des lendemains,
Une larme au creux de ta main
Dis moi pourquoi sous tes silences
Tu souffres encore ce refrain
De lourds secrets en confidences
Dis moi pourquoi sous tes silences
Je vois la peur des lendemains .

Dis moi pourquoi dans ton regard
Je vois ce noir teinté de peine,
Quand les caresses se font vaines
Dis moi pourquoi dans ton regard
Les étoiles ne sont pas reines
Tu sais il n'est jamais trop tard
Dis moi pourquoi dans ton regard
Je vois ce noir teinté de peine .

Dis moi pourquoi sous tes sourires
Je vois des larmes de tristesse
Accrochées à tes soirs d'ivresse
Dis moi pourquoi sous tes sourires
Il est écrit "rien ne me blesse"
Aurais-tu donc connu le pire ?
Dis moi pourquoi sous tes sourires
Je vois des larmes de tristesse .

Dis moi pourquoi entre les lignes
Je vois un coeur las, écorché
A l'encre rouge des péchés
Dis moi pourquoi entre les lignes
Tu caches tant tes vérités
Et moi je connais bien les signes
Dis moi pourquoi entre les lignes
Je vois un coeur las, écorché .

Dis moi pourquoi sous tes silences
Dis moi pourquoi sous tes silences
Je lis encore tes refrains
Des pages blanches de violence
Dis moi pourquoi sous tes silences
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# Posté le lundi 05 janvier 2009 16:21

Assise dos au mur

Assise dos au mur
Assise dos au mur


Assise dos au mur plus vide que mon âme
Connais-tu les soupirs avant ces temps brumeux
Et mon coeur se déchire, brûle de mille flammes
Pour toi et pour ma nuit et pour janvier un peu

Séquelles, l'hiver est sur les rames
Et la pluie tombe tiède dans les cieux de nos yeux
Ma nuit s'enfuit à mon grand dam
Tu veux la retenir mais la mer n'est pas bleue

Et le coeur nous surveille et chante ses poèmes
Il dit non quand on s'aime et dit oui quand ça pleut
De roses noirs qui meurent en tristes chrysanthèmes
Le loup se fait agneau mais l'agneau-loup est deux

Je t'oublie tu m'oublies mais reste une flamme
Qui sait un jour peut être deviendrait-elle un feu
J'ai voulu m'éveiller de ce rêve que j'aime
Je ne veux plus rêver mais le rêve le veut

Rêve encore rêve encore
ô rêve que nous sommes
Fait écrire des poèmes
Et exauce tes voeux
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# Posté le lundi 05 janvier 2009 16:15

Modifié le mercredi 21 janvier 2009 12:27

s'laisser aimer

s'laisser aimer

S'laisser aimer

J'ai des attentes à vous léguer.
Celle d'une enfance, les yeux fixés
Sur un soleil qui n'brille jamais
Dans l'ciel couvert des jours posés
En marge des calendriers...

J'ai des silences à vous léguer.
Ceux d'une enfance au c½ur coupable
D'un manque d'amour intolérable
Qu'on a condamné à se taire
Pour dissimuler la misère
Des gestes qu'on n'a pas su faire.

J'ai des béquilles à vous léguer.
Celles qui m'ont servi à tenir
Un peu plus droite pour moins souffrir
D'une âme qui continue d'mentir
Quand l'c½ur n'arrive pas à s'ouvrir.

J'ai des questions à vous léguer.
Comment on dit, comment on fait
Pour s'aligner, pour s'exprimer
Face aux désirs quand on voudrait
S'laisser aimer.

Le c½ur à nu, au grand soleil,
L'âme envahie du bleu du ciel,
Le corps tendu aux quatre vents,
Les larmes pleines d'un feu ardent...
S'laisser aimer...

J'ai des histoires à vous léguer.
Celles où j'suis passée à côté
Par habitude de contourner
Le coeur des sensibilités
Qui font si peur aux écorchés.

J'ai des voyages à vous léguer.
Ceux où j'ai traîné mes valises
Lourdes d'une vide qui n'autorise
Qu'à résider sur la banquise
Des solitudes qui s'éternisent.

J'ai des chagrins à vous léguer.
Ceux de ces amours impossibles
Qui me reliaient, l'âme fragile
A des amants inaccessibles
Dont j'étais trop souvent la cible.

J'ai des questions à vous léguer.
Comment on dit, comment on fait
Pour s'aligner, pour s'exprimer
Face aux désirs quand on voudrait
S'laisser aimer

Le c½ur à nu, au grand soleil,
L'âme envahie du bleu du ciel,
Le corps tendu aux quatre vents,
Les larmes pleines d'un feu ardent...
S'laisser aimer...
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# Posté le lundi 05 janvier 2009 16:05

Irréel

Irréel
/*/ Tu n'es pas encore pour moi qu'un petit garçon tout
semblable à cent mille petits gerçons. Et je n'ai pas besoin de toi.
Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable
à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre.
Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde... /*/

* Le Renard et le Petit Prince *
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# Posté le lundi 05 janvier 2009 15:37